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Chronique de Benoit Mailliard - 1ère partie

A Savigny on peut se réunir dans une salle qui porte son nom, à la cave de Sain Bel on déguste une bouteille de la cuvée qui porte son nom, quand on se penche sur l’histoire de l’abbaye de Savigny, on nous parle de lui, et même on le fait parler !

Bien sûr vous avez reconnu Benoît Mailllard !

Au XVe siècle il fut grand prieur de Savigny et prieur de Courzieu. Entre toutes ses œuvres sa « chronique » est une source de renseignements sur les événements (grands et petits) de cette époque.  et les problèmes qu’ils engendraient.

C’est  à Georges Guigue  archiviste du Rhône, que nous devons la publication de ce texte en 1883. Il a enrichi sa traduction d’une multitude de notes qui nous aident grandement à la compréhension du texte de Benoît Maillard .

Nous avons essayé d’apporter quelques éclaircissements pour certains termes inusités de nos jours, ou concernant le vocabulaire propre à l’ordre monastique dans lequel vivait notre chroniqueur. Malheureusement nos recherches n’ont pas toujours été fructueuses et c’est avec un réel plaisir que nous accueillerons les propositions de nos lecteurs.

I

Et d’abord, l’an du Seigneur 1461, au mois de Mai, l’armée du roi alla en Lombardie contre les Gênois[1]. Dans cette armée étaient des gentilshommes du Lyonnais, de l’Auvergne, du Vivarais, du Forez, du Beaujolais, du Dauphiné et plusieurs autres du royaume de France, lesquels devant la cité de Gênes, aux environs de la fête de Marie-Magdeleine, furent vaincus, dépouillés et tués en grand nombre.

Mes deux frères, Claude et Pierre, faits prisonniers et relâchés par l’entremise du seigneur de Saint-Chamond-en-Jarez[2], revinrent dans leur patrie avec plusieurs autres nobles du pays, à pied et en simple vêtement. Cette même année, et environ ladite fête de Marie-Magdeleine et au temps de la campagne désastreuse, mourut le bon roi Charles VII[3], aïeul paternel du roi actuel Charles VIII, et de ce jour datent les malheurs du royaume.

II

Charles VII succéda Louis XI[4], roi de France. Sous son règne, et l’an du Seigneur 1464, sous le pontificat du pape Pie II (que j’ai vu à Rome et à qui j’ai parlé), fut organisée une croisade générale, dans presque toute la chrétienté, contre les Sarrazins  infidèles et païens. De cette croisade étaient des ecclésiastiques séculiers et réguliers de tout état et condition et aussi des laïques. De ce pays y étaient entre autres Lancelot de Cordon[5] et Guichard de Montchalvet[6] alors religieux de notre couvent, et mon frère Pierre Mailliard, laïque. Lesdits Lancelot et Guichard, au retour de la croisade, furent réhabilités par le pape Paul ; dans la suite Lancelot devint communier et Guichard prieur claustral de ce monastère. La croisade alla jusqu’à la marche d’Ancône ; le pape Pie II y était aussi avec les cardinaux et il mourut là. [7]. Par cette mort la croisade fut arrêtée et l’armée se dispersa.. Guillaume Dalmez de Saint-Clément-de-Valsonne[8] était à le tête des croisés de ce pays. Ledit pape Pie mourut ladite année 1464, le 14ème jour d’août, et fut enterré au-dessus du premier autel, derrière la première porte de Saint-Pierre de Rome, comme je l’ai vu. Ce pape Pie fit enterrer son père au grand pilier devant le grand autel de Saint-Pierre de Rome et fit ces deux vers :

Silvius hic jaceo, conjux Victoria mecum est .
 Filius hoc clausit marmore papa Pius[9]

III

L’an du Seigneur 1465, au mois de Février, presque tous les princes du royaume se révoltèrent contre Louis XI, roi de France, fils de Charles VII ; ils voulurent le faire prisonnier, mais il s’échappa de leurs mains et se retira à Paris. Le même mois, le jour du dimanche de la Quadragésime, à la dixième heure de la nuit, le seigneur Rauffet de Balsac[10],  chevalier, seigneur de Bagnols, prit Châtillon[11]. Alors, de cette heure à minuit, presque toutes les églises paroissiales du pays lyonnais mirent leurs cloches en branle et sonnèrent des sonneries de guerre[12]. Ledit Balsac était contre le roi et du parti des princes.

IV

Les princes ligués contre le roi étaient : Charles, duc d’Aquitaine[13], frère dudit roi Louis ; Jean, duc de Calabre[14], fils de René, roi de Sicile ; Charles, duc de Bourgogne [15] ; Jean, duc de Bourbon [16] ; Charles, duc de Maine [17], frère dudit roi de Sicile,

Et le fils dudit Charles[18] ; le Bâtard d’Orléans, comte de Dunois[19] ; Jean[20], fils dudit comte ;Jean, comte d’Armagnac et Charles, son frère[21] ; Jean, duc de Nemours[22] ; le duc d’Alençon[23], les comtes de Foix [24], d’Albret[25], le duc de Lorraine[26]et tous les autres princes du royaume, un ou deux exceptés. Etait aussi avec les princes, le comte de Saint-Pol[27], qui fut dans la suite connétable. 

V

L’an du Seigneur 1466, le roi Louis étant à Paris, tous lesdits princes arrivèrent avec de nombreuses troupes devant ladite ville de Paris ; ils avaient environ cent vingt mille hommes d’armes, qui assiégèrent la ville et le roi. Le roi était dans la ville avec les bourgeois et environ dix mille hommes d’armes. Les princes restèrent presque six semaines devant Paris ; mais ayant fait leur paix avec le roi, chacun retourna dans ses terres. Après quoi moururent Charles, duc d’Aquitaine, frère dudit roi ; Jean, duc de Calabre et son fils, Charles, duc du Maine et son fils ; Jean, comte d’Armagnac[28], et plusieurs autres princes.

VI

Mais avant le siège de ladite ville de Paris et du roi Louis, et la mort desdits princes, c’est-à-dire l’an du Seigneur 1465, au mois d’Août, la veille de l’Assomption, le roi Louis et Charles, duc de Bourgogne, qu’on appelait alors le comte de Charolais, en vinrent aux mains avec de nombreux hommes d’armes devant Montlhéry[29]. Des deux côtés, il y eut nombre de morts, et six capitaines royaux tournèrent le dos et fuirent en abandonnant le roi. Le roi se retira alors dans Corbeil. Avec lui étaient les Dauphinois, qui se comportèrent en hommes de courage et le servirent vaillamment.

VII

Chez nous était grande foule de nobles du ban et de l’arrière-ban, tant de la langue d’Oc d’Auvergne que de ces pays. Leurs lieutenants pour le roi étaient les seigneurs comtes dauphin d’Auvergne[30], et de Périgord[31], de Comminges[32], ce dernier gouverneur du Dauphiné, et avec eux ledit seigneur Rauffet de Balsac, qui, retourné au roi, était capitaine de quatre mille francs-archers. C’est sous la conduite de ces quatre capitaines que l’armée fut dirigée sur Saint-Gengoux[33]. Il arriva qu’un jeudi du mois de Mars, l’an du Seigneur 1466, tandis que cette armée était à Saint-Gengoux et ledit seigneur Rauffet avec ses archers devant le château de Bussy[34], au pays de Charolais, survint l’armée des Bourguignons, dont le lieutenant général et capitaine était le seigneur de Couches[35]. Elle se composait d’environ quatorze cents lances faisant un nombre d’à peu près six mille combattants. Le seigneur Rauffet tint tête avec ses archers contre les Bourguignons l’espace d’environ quatre heures, jusqu’à ce que l’armée, qui était à Saint-Gengoux, arriva à son secours, ce qui fit qu’en deux heures à peu près les Bourguignons furent battus par les nôtres et tués presque au nombre de cinq mille. Parmi les morts se trouva ledit seigneur de Couches[36]. Les débris de l’armée bourguignonne dispersés ça et là s’enfuirent où ils purent. Avec le seigneur Rauffet de Balsac était mon frère Jean Mailliard, capitaine des francs archers des pays de Lyonnais, Beaujolais et Forez. Dans le parti contraire, c’est-à-dire des Bourguignons, était mon frère Claude Mailliard, écuyer. Dans la troupe du roi et avec le seigneur de Cursol[37]était mon frère Pierre Mailliard, écuyer.

 VIII

Plus tard, et l’an du Seigneur1470[38], au mois de Mai, ledit duc Charles de Bourgogne et le duc de Calabre, avec un grand nombre de combattants et en grande fureur, s’envinrent devant la cité de Beauvais, l’assiégèrent et se battirent avec rage contre les habitants. Et bien qu’il n’y eut point de gens d’armes du parti du roi dans ladite cité, les habitants, tant hommes que femmes, n’en combattirent pas moins bravement pendant trois jours et trois nuits et résistèrent vaillamment et vigoureusement à la puissance et aux forces de ces ducs, si bien que lesdits ducs ne purent entre dans la ville. Une jeune fille, qui était à combattre sur les murs de la cité avec les autres habitants, empoigna un étendard bourguignon qui atteignait déjà le faîte des murailles, l’arracha et l’emporta[39]. Sur ces entrefaites l’armée du roi arriva au secours des habitants ; mon frère Pierre, écuyer, était dans ses rangs ; les Français combattirent si vaillamment et si vigoureusement les Bourguignons, qu’au bout de six semaines ces derniers s’en retournèrent tout confus.

 IX

 Et d’abord l’an du Seigneur 1472, au mois de Janvier, environ la fête de Sainte Agnès, apparut une grande comète, avec une grande queue de couleur rouge et, à ce qu’il semblait, d’une longueur de trente pieds, venant de l’Orient et tendant à l’Occident ; de là les guerres susdites, la mort des princes ci-dessus désignés. Isidore[40]dans son livre De la Nature des choses,dit, au chapitre De l’exposition des étoiles, que la comète est une étoile qui émet d’elle-même de la lumière en forme de chevelure. Lorsqu’elle apparaît elle annonce, dit-on, qu’un règne va changer, ou que des guerres ou des pestes vont surgir.

L’an du Seigneur 1472, au mois de ….,[41]fut décapité à Paris Jean d’Armagnac, duc de Nemours et comte de la Marche, et au mois de …., l’an du Seigneur 1473, Jean, duc d’Armagnac, fut frappé d’un trait à la gorge par un archer et tué au siège de Lectoure[42]. Dans cette armée était mon frère Jean Mailliard, capitaine des francs archers des pays de Lyonnais et Beaujolais.

 XI

Dans la suite, et l’an du Seigneur 1477, ledit Charles, duc de Bourgogne entreprit la guerre contre le duc de Lorraine [43]. Au jour fixé, devant la Ville de Nancy, il y eut dure et cruelle bataille entre les deux partis. Le duc de Lorraine triompha et mit fin à la guerre par la victoire. Le duc de Bourgogne fut tué et mourut là misérablement. Avec lui finirent les ducs de Bourgogne de cette race[44] .

 XII

L’an du Seigneur 1477, le jour des saints Pierre et Paul, l’avant-dernier jour de Juin, environ la septième heure du matin, il y eut grand tremblement de terre presque  par tout le royaume de France, en Savoie, en Dauphiné, en Provence et autres régions avoisinantes. Il se fit sentir en diverses provinces pendant longtemps et à divers intervalles, et cela après la comète, commencement  des prodiges.

Les astronomes disent, après Isidore, dans son livre De la Nature des choses ,que le tremblement de terre est signe de quelque punition divine et arrive par suite des péchés des hommes et pour les pousser à se convertir, selon cette parole de Mathieu XXXIIII et de Luc XXI : Il y aura des signes dans le soleil et la lune, des pestes et des famines et des tremblements de terre dans le pays. Le tremblement de terre, selon les astronomes et Isidore, dans le livre que dessus, au chapitre Du tremblement de terre, est chose naturelle. Isidore avance, en effet, d’après les sages, c’est-à-dire les philosophes, comme Lucain, Salluste et les autres, que la terre est en forme d’éponge, car elle a des cavernes par lesquelles elle s’imbibe de vent comme l’éponge d’eau ; le vent la pénétrant par ces cavernes s’infiltre çà et là. Quand la terre a ainsi pris du vent  qu’elle en est pénétrée partout, si bien qu’elle ne peut en recevoir davantage, qu’elle en est pleine, en un mot, alors le vent fait entendre des bruits sourds et des mugissements ; la terre remplie de lui au point de ne pouvoir en contenir plus, ou tremble ou se fend pour lui livrer passage et le rejeter. Ainsi, selon les astrologues, le tremblement de terre a lieu quand le vent enfermé dans le sol en est rejeté. Le tremblement de terre est fréquent, même continu, où il y a des cavernes où vient s’engouffrer le vent, comme dans les montagnes et les terres épaisses et grasses ; au contraire, où le sol est sablonneux et ferme, il n’y a pas de tremblements de terre. Et Isidore dit au passage cité, que le bouleversement de la terre est la conversion des hommes à la foi, selon ce passage : Les pieds de l’apôtre restèrent immobiles et la terre de toutes parts fut poussée à croire.

XIII

L’an du Seigneur 1478, après la mort du duc de Bourgogne, le duc Maximilien, appelé roi des Romains[45], allié avec les Flamands, maintint et continua la guerre contre Louis, roi de France, si bien que l’an du Seigneur 1478 la veille de l’Assomption de la Vierge Marie, les Flamands, avec qui était le comte Romont de Savoie [46], se battirent avec rage contre les Français au champ d’Argencourt[47], près Thérouanne ; des deux côtés il y eut grand massacre et grande effusion de sang. Là était mon frère Pierre Mailliard, écuyer  de la troupe du roi et de la compagnie du Moyne Blosset, capitaine de cent lances ; il ne mourut point ici, mais trois mois après, à Béthune, en Picardie. Que son âme repose en paix. Amen .

 XIV

Une pécheresse du nom de Claudine, était enfermée pour ses démérites dans la tour du Chamarier. L’an du Seigneur 1479, le Jeudi 25 du mois de Novembre, environ à la septième heure de nuit, de propos délibéré, elle se précipita du sommet de ladite tour, en sautant jusque sur notre horloge, et de là, en roulant elle vint tomber sur la maison du grand célérier.

Cette femme, en sautant, appela à son aide la Bienheureuse Vierge et le Bienheureux Michel ; aussi n’eut-elle point de membre brisé, mais seulement, pendant quelque temps, elle souffrit d’une douleur de reins, puis guérie, elle vécut de nombreuses années, allant çà et là, où bon lui semblait.

 XV

En l’an du Seigneur 1479 il y eut des insectes, c’est-à-dire grande multitude de sauterelles, de chenilles, de limaces, qui rongèrent et dévorèrent les blés, l’herbe des jardins et des champs, les feuilles, les fleurs et les fruits des arbres. On fit des processions générales, par tout le diocèse de Lyon, chantant laudes, pleurant et implorant ; ces vermisseaux infects furent enfin excommuniés (*) par l’official de Lyon et ils en moururent .

(*) : cette expression  prête à sourire mais en consultant "Une histoire symbolique du Moyen Age occidental" de Michel Pastoureau on apprend que les tribunaux d'évêques pour lutter contre ces fléaux qui causaient la destruction des récoltes, « avaient recours à l'exorcisme et prononçaient parfois contre eux des anathèmes en les maudissant ou en les excommuniant ». Ce terme étant toutefois à manier avec précaution!.)

XVI

Ensuite, l’an du Seigneur 1480, il  y eut un hiver rigoureux, cruel outre mesure et tel que, chez nous, on n’entendit jamais parler de pareil. Du jour de Saint-Jean-l’Evangéliste, troisième jour de la Nativité du Seigneur, jusqu’au mardi 6 Février qui suivit, il y eut sur la terre deux et trois pieds de neige. Sur les montagnes, il y en eut une hauteur considérable ; les oiseaux en volant, les moutons, les agneaux, les brebis, les chèvres mouraient en grand nombre par tout le royaume ; de grands fleuves, comme la Saône, le Rhône, la Loire, l’Allier, la Seine, l’Isère et tous les autres furent tellement gelés qu’il fallut en briser la glace avec de lourds instruments de fer, comme je l’ai vu à Lyon et dans mon voyage à Paris, et à Paris même. Là j’ai vu des chevaux attelés à des voitures chargées traverser la Seine sur la glace, sans plus de danger qu’en terre ferme. Les vignes et les blés furent gelés cet hiver, d’où provinrent les horreurs de la famine et de la peste .

XVII

L’an du Seigneur 1481 et 82, il y eut une famine étonnante et grandement cruelle, si bien que, ces deux années, le froment, à  la mesure de Tarare, du moins la première année, valut trente-six gros, à la mesure de cette abbaye trente-quatre gros et deux francs de monnaie ; le seigle vingt-huit et vingt-sept gros ; l’orge vingt-deux gros ; l’avoine douze gros, les fèves et les pois trente-deux gros ; le bon vin valut trois francs de monnaie, le médiocre deux francs, le plus petit vin tourné et mélangé valut un franc de monnaie. Foule de gens, hommes, femmes, enfants moururent à travers champs ; plusieurs filles vierges, poussées par la faim, se prostituèrent, et pourtant nombre de pieuses gens firent de grandes aumônes, mais elles ne pouvait suffire à la multitude des pauvres .

 XVIII

L’an du Seigneur 1482[48] l’avant dernier jour du mois d’Août, mourut le roi Louis, et Charles VIII son fils, roi aujourd’hui, lui succéda à l’âge d’environ quinze ans [49].

 XIX

 L’année suivante, c’est-à-dire l’an 1483, le froment valut 16 gros, le seigle 12 gros. L’orge 8 gros,  l’avoine quatre gros ; le vin était à prix proportionné.

 XX

 L’an du Seigneur 1484, traversa par l’Auvergne une grande troupe de combattants composée d’environ sept mille hommes et des gens du comte d’Albret, allant de Narbonne, par les rives de la Loire, rejoindre le duc d’Orléans. On les appelait les Verts-Manteaux.

            Puis la paix fut faite entre le roi Charles et les princes et toute querelle apaisée, ce qui fit que le roi Charles épousa la duchesse de Bretagne l’an 1490. Il en eut un fils Dauphin, que nous appelons Charles, et qui mourut.

 XXI

 L’an 1484 et le Mercredi 16 du mois de Mars, il y eut une courte éclipse entre la troisième et la quatrième heure arès midi [50], et le dimanche des Rameaux, 27 du mois de Mars, environ au milieu de la nuit, il y eut grands et violents tonnerres et des éclairs d’une intensité étonnante.

 XXII

 L’année suivante, c’est-à-dire 1485, il y eut un été pluvieux et très froid qui dura de la fête de Pâques, qui fut le 3 Avril, jusqu’au 28 juillet suivant : alors la chaleur se fit sentir jusqu'au Vendredi 5 Août ; il y eut grands tonnerres et grêles violentes. Il y eut aussi cette année, une quantité insupportable de moucherons et d’insectes appelés en français bardanes[51] ; foule de vins tournèrent.

L’an du Seigneur 1485, l’hiver fut très pluvieux, du jour de la Conception de la Vierge Marie jusqu’au jour de Sainte Agathe, 8 Février, et le lendemain de la sainte Agathe le froid commença à sévir, et le vent du nord souffla âprement pendant dix-huit jours. Le froid dura jusqu’à la fin d’Avril. Et cette année, pendant l’Avent, monseigneur Charles de Bourbon, cardinal-archevêque de Lyon, fit son entrée dans la ville. [52]

 XXIII

 Le Dimanche 24 du mois d’Août, veille de l’Assomption de la Vierge Marie, l’an 1485, la très glorieuse Vierge Marie fit en ce lieu de Savigny et dans la maison de Jean Caloys, hôte de Saint-André, un pieux miracle. Un nommé Jean Berrard, de la paroisse de Saint-Loup de Dareysé[53] alors domestique dudit Jean Calois, maintenant marié à Jeanne la Tarrallione, allant puiser de l’eau, à la huitième heure du matin, dans le puits dudit Calois, y tomba la tête la première. Le puits avait d’eau une profondeur de sept aunes. Mais le jeune homme, en tombant dans le puits, invoqua la Vierge Marie honorée dans la chapelle de Clévy, et à l’aide de la Vierge, il releva la tête et la maintint au-dessus de l’eau. Il resta ainsi pendant une heure environ, il ne but point d’eau et fut retiré vivant et sain et sauf de ce puits qui était fort étroit.

 XXIV

 L’an du Seigneur 1484, 85, 86, 87 et 88 les princes se soulevèrent de nouveau contre le jeune roi Charles, et tant en 1486 qu’en 1487 lesdits princes, c’est-à-dire le duc d’Orléans [54], le comte d’Albret[55]et le comte de Dunois [56] le prince d’Orange[57] et plusieurs autres se retirèrent en Bretagne où le roi Charles les poursuivit. Enfin, le 19 du mois de Juillet 1488, à St-Aubin en Bretagne [58], Français et Bretons en vinrent haineusement aux mains ; le duc d’Orléans et le prince d’Orange furent pris par les Français dans l’armée ennemie.

 XXV

 Et l’an du Seigneur 1486, l’été fut sec et improductif ; il y eut peu de blé, mais les blés des années précédentes restaient en abondance et suffirent au-delà des besoins du peuple. Il y eut cette année un hiver très rigoureux pendant environ dix semaines, et autour de la fête de la conversion de saint Paul le froid cessa. Il y eut une grande chaleur pendant le mois de Février. Le froid se prit à sévir au commencement de Mars et il y eut des brumes, des rosées et de la grêle jusqu’au milieu du mois de Mai.

 XXVI

 L’avant dernier jour du mois d’Avril l’an du Seigneur 1487, un certain Jean, cordonnier et voleur, réfugié en cette ville de Savigny et enfermé dans la prison du Chamarier à la requête d’une pauvre femme de St-Clément-de-Valsonne qu’il avait volée, voyant que les sergents du Chamarier allaient le livrer aux sergents de St-Clément pour subir, à cause de ce vol, le dernier supplice, c’est-à-dire pour être pendu, se recommanda à la Vierge Marie et, pliant les grosses et épaisses barres de fer de la porte de la tour du Chamarier,  brisant à l’intérieur le dessous de la porte, s’échappa de la prison et se réfugia dans notre église, au vu de plusieurs des religieux ; ainsi par le secours de la Vierge Marie il s’échappa des mains de la justice et fut sauvé.

 XXVII

 L’an du Seigneur 1487, les jours de Mercredi, Jeudi, Vendredi, 16,17,18 Mai, il y eut de violents tonnerres et d’impétueux ouragans, si bien que les blés des montagnes, par toute la paroisse de Saint-Jean-de-Panissières[59] jusqu’à Amplepuis[60], furent ravagés et perdus .

XXVIII

 L’an du Seigneur 1487, l’avant dernière semaine du mois de Mai, passa par la ville de Lyon, en grande pompe et en grand appareil, l’ambassade du roi de Hongrie[61], composée d’environ deux cents chevaliers qui se rendirent auprès du roi de France.

 XXIX

 Au mois d’avril 1487, des coureurs du parti des princes se portèrent, au nombre d’environ cinq mille cavaliers, dans la forêt de Malesherbes  près d’Etampes [62], pour tenter d’enlever le jeune roi Charles qui devait y venir se distraire ; mais le roi, par une inspiration divine, n’entra pas dans le bois et échappa ainsi aux mains des coureurs.

 XXX

 L’an du Seigneur 1488, l’été fut au commencement pluvieux, et du commenc-ement du mois de Juin jusqu’à la fête de saint Jean-Baptiste, il fut sec et aride. La veille de la saint Jean-Baptiste il plut et la pluie dura pendant trois jours. Il y eut peu de foin ; le vin valut au mois d’Août 26 gros, puis il valut 28 g. Cette année, les vendanges furent fort abondantes et les vins verts. L’hiver, aux environs de la Nativité du Seigneur,  fut doux et tempéré. Le vent souffla cet hiver ; la neige tomba vers le milieu de Février et dura pendant sept jours ; la moitié du mois de Mars fut nuageuse, du jour de Saint-Benoît jusqu’à la fin ; du moins les montagnes nous environnant furent couvertes de nuages. Le mois de Mars fut sec ; Avril et Mai furent pluvieux et humides ; Mai fut froid et la toux régna sur les gens .

 XXXI

 Le lundi avant dernier jour de Mars 1488, Charles, duc de Savoie, entra à Lyon en triomphe, avec foule de nobles de Savoie[63], et le Jeudi suivant il traversa l’Arbresle pour se rendre auprès du jeune roi Charles VIII .

 XXXII

 L’an du Seigneur 1488, mourut révérend père en Dieu, monseigneur Charles de Bourbon, cardinal, archevêque de Lyon [64]. A sa mort, messeigneurs le doyen             et les chanoines de l’église de Lyon élirent comme archevêque monseigneur Hugues de Talaru[65], archidiacre de l’église de Lyon, mais monseigneur André (d’Epinac)[66], cardinal, obtint cet archevêché du pape Sixte [67]. Le roi Charles maintint et favorisa ledit seigneur cardinal, si bien que le pape cassa l’élection de monseigneur l’archidiacre et monseigneur le cardinal fut mis, à main armée, en possession réelle dudit archevêché, le Samedi 4 Mai de l’an du Seigneur 1493[68], par monseigneur l’évêque d’Asti et Claude de Ribaudange, chevalier, ses commissaires et procureurs .Monseigneur Antoine de Châlon, évêque d’Autun, qui avait la régale de l’archevêché dans la ville, était alors à Lyon. Ledit évêque, avec certains chanoines et un grand nombre d’arbalétriers, se réfugia dans la maison archiépiscopale et en ferma les portes. Il voulait résister aux forces et aux commissaires du roi, mais les commissaires avec les citoyens et habitants de Lyon l’emportèrent et brisèrent les portes. Là fut tué un laboureur et deux autre de Lentilly furent pris. Il y eut grand tumulte et échanges d’injures de part et d’autre [69]

XXXIII

 Et l’an du seigneur 1488, il y eut très peu de foin et le vin valut, au mois d’Août, au  pays de Lyonnais, 26 gros, puis  28. Le vendredi des Quatre-temps de Pentecôte, qui fut le douzième jour de Juin, entre midi et la sixième heure après midi, s’abattit une terrible tempête, qui, en plusieurs endroits de ce pays de Lyon ,détruisit beaucoup de vignes et de blés. Cette tempête dura pendant cinq heure et au-delà, reprenant par intervalles. La foudre aussi tomba en plusieurs endroits et tua plusieurs hommes, un à Chevinay, de la maison des Combetz, au Bois-d’Oingt, à Lissieux-sur Chasay, à Reyrieux au pays de Beaujolais[70], et en plusieurs autres  endroits. Ce jour-là la foudre tua plusieurs hommes, bœufs et vaches. Et  le Lundi 27 du mois de Juillet qui suivit, à l’heure de vêpres environ, s’abattit encore une terrible tempête avec un vent furieux ; elle tomba sur les montagnes de Montrotier[71], de Saint-Jean-de-Panissières [72], de Saint-Clément-les-Places [73], de Villechenève[74], de Chambost[75], de Longesaigne [76]et lieux voisins, et vint par les maisons des Mailliard de la paroisse d’Ancy [77]. Il tomba de grosses pierres, environ de la grosseur du poing d’un homme,

Nombre de maisons s’écroulèrent, de gros arbres furent arrachés et brisés par le milieu, les meules de blé furent emportées et tout le blé restant à moissonner fut détruit ; enfin, jamais, de mémoire d’homme, une telle tempête ne s’abattit et jamais tel ouragan souffla sur ces pays

 XXXIV

 Le Mercredi 9 décembre 1489, le vent souffla toute la nuit. Le lendemain Jeudi, il plut abondamment. Le Vendredi et le Samedi suivant, le vent du nord reprit impétueux .

 XXXV

 Le Lundi 1er Mars, l’an 1489, entre la neuvième et la dixième heure du matin, il y eut un grand et terrible tremblement de terre dans les pays d’Auvergne, de Savoie, de Bresse, de Dauphiné  et autres provinces voisines, si bien qu’en Auvergne le château de Pontgibaud [78]fut presque renversé et l’abbaye de Moissac[79]s’écroula sur plusieurs points ; à Billom [80], deux églises tombèrent ; à Clermont [81], à Montferrand [82], à Riom[83]et autres villes de ce pays, il y eut beaucoup de prodiges. Le Samedi 6 Mars, entre la dixième et la onzième heure, il y eut encore tremblement de terre et furieux tonnerre .

 XXXVI

 Le Mardi second jour de Mars, l’an susdit, le jeune roi Charles VIII traversa par cette ville de Savigny, environ à la huitième heure du matin ; il s’arrêta au château de Sain-Bel ; monseigneur Jean d’Albon, abbé de cette abbaye, était alors vivant. Le lendemain, le roi alla à l’Ile-Barbe et y demeura jusqu’au dimanche suivant. Après dîner, à la deuxième heure environ, il fit son entrée à Lyon, en grand appareil et avec une suite nombreuse1 Il y resta jusqu’au lundi suivant, et ce jour, revenant en France, il dîna à l’Arbresle, puis il alla souper et coucher à Tarare .

 XXXVII

 L’an du Seigneur 1490, l’armée du roi alla en Bretagne [84]au mois de Juillet  et d’Août ; alors Rauffet[85] de Balsac, fils de feu monseigneur Rauffet de Balsac, seigneur de Châtillon et de Bagnols, vint se joindre au roi avec sa troupe se montant environ à cinq cents hommes, et il mourut là, audit mois d’Août.

 XXXVIII

 Le roi Charles VIII vint de nouveau à Lyon et s’arrêta à Bagnols le vendredi qui fut l’avant dernier jour d’octobre de l’an 1490 ; le lendemain il alla dîner à Lyon[86], et le 4 Novembre suivant Il partit en pèlerinage à Notre-Dame-d’Embrun, au pays de Dauphiné. Et cette année le bon vin valut trente-six gros et deux francs de monnaie, le froment 8 gros, le seigle 6 gros.

 XXXIV

 L’an 1490, environ le Dimanche de Quinquagésime, qui fut le Dimanche treizième jour du mois de Février, le fleuve de Saône fut d’une étonnante largeur, hauteur et impétuosité, et tel que jamais, de mémoire d’homme, on ne l’avait vu ainsi. Ledit fleuve monta presque sur le pont de Lyon, si bien que, de toutes parts, les eaux, leurs remous et leurs vagues passaient sur le pont. Le fleuve était si fort et les flots avaient un courant si impétueux qu’une des piles du pont, du côté des Changes[87], fut presque démolie et rompue. La Saône était si large qu’elle s’étendit jusqu’à la grande rue allant à Vayse, aux hôtels  du Chapeau-Rouge et du Porcelet[88], si bien que ceux qui voulaient aller dans le quartier, ou le traverser jusqu’à l’auberge du Porcelet, devaient traverser la rue sur un petit bateau et y naviguer. Nombre de maisons et de villages, de Mâcon jusqu’à Lyon, s’écroulèrent ça et là de fond en comble ; les mobiliers des maisons, les ustensiles, d’innombrables tonneaux pleins de vins furent emportés ; à Lyon plusieurs maisons furent enlevées ; le jardin de monseigneur le cardinal de Bourbon, archevêque de Lyon, et la maison de la Rigaudière[89] appartenant à monseigneur de Balsac, furent à moitié emportés, et la maison neuve du chanoine d’Ars contiguë à la maison archiépiscopale et sise devant les prisons de l’archevêché, fut à moitié détruite.

Deux pieux miracles se produisirent sur le fleuve. Voici le premier : Un enfant inconnu qui se trouvait dans une cuve fut emporté par le courant de flots rapides et impétueux jusqu’au milieu de la Saône ; il tenait d’une main une petite cuillère ; la cuve surnagea et quand elle traversa sous le pont de Lyon, par la protection divine de la glorieuse Vierge Marie, invoquée par ceux qui se portaient au secours, l’enfant fut recueilli et retiré de l’eau sain et sauf. Le second : un marchand amenait par la Saône, de Vimy à Lyon, dans un grand bateau, une grosse provision de poissons ; devant les Augustins le bateau aborda mais par suite de l’impétuosité des flots et de la rapidité du courant, les bateliers ne pouvaient ni l’arrêter ni le diriger à leur gré. .Emporté, le bateau flotta sans gouvernail avec ceux qui étaient dedans jusque sous le pont ; alors sur le pont de Saône accourut une grande foule de peuple qui, avec ceux du bateau, implorait à haute voix Dieu et la très glorieuse Vierge. Soudain le bateau, de lui-même, s’arrêta sous le pont et se retournant remonta le fleuve depuis ledit pont jusque devant les Augustins par l’aide de Dieu et de la bienheureuse et très glorieuse Vierge Marie ; il remonta en droite ligne à l’encontre de flots furieux, il atterrit devant les Augustins, s’arrêta et resta immobile ; le patron du bateau, le marchand et ceux qui étaient avec eux pour transporter les poissons, abordèrent au port de salut sains et saufs. Gloire à Dieu et à la bienheureuse et très glorieuse Vierge Marie dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 XL

 Et l’an susdit, c’est-à-dire 1490, et le jour du premier Dimanche de carême, qui fut le 20 du mois de Février, le matin, entre la septième et la huitième heure, un homme et une femme de la ville de Lyon, coureurs de grands chemins, étranglèrent un jeune homme aux Brosses de Marcy,[90]au lieu appelé vulgairement à l’Etang des Brosses ; ils l’égorgèrent, le tuèrent, le dépouillèrent et lui enlevèrent son argent. A cause de cela, environ cinq mois après ce meurtre, ces homicides furent pendus dans la ville de Lyon. Bienheureux ceux qui restent justes et font justice en tout temps.

 XLI

 L’an du Seigneur 1490, l’hiver fut rude et dura, en ce pays, de la fête de saint Martin jusqu’au premier jour de Février qui suivit. La veille de saint Thomas, apôtre, la neige tomba en abondance jusqu’au premier jour de Février ; alors les rudes gelées et les neiges abondantes commencèrent à diminuer ; pourtant tout le mois de Février fut froid, si bien que les laboureurs ne purent travailler ni soigner les vignes. Cette année la Saône fut d’une étonnante hauteur et largeur, comme je l’ai dit plus haut .

 XLII

 L’an du Seigneur, 1491, le jour de Marie-Magdeleine, religieux Guillaume Morret, grand-sacristain de ce couvent, à la troisième heure après minuit,  tandis qu’on chantait matines au monastère, en compagnie d’un jeune homme, bâtard de noble Claude de Verneuil, sortit de l’abbaye, avec deux chevaux, pour aller en Forez. Stationnant au pied de Montrotier, ils furent surpris par d’impétueux éclats de tonnerre, une éclipse, des éclairs effrayants, la foudre et une pluie abondante. Aussi le sacristain et le jeune homme s’abritèrent-ils sous une maison neuve appartenant à un nommé Reynorard de Montrotier. Là s’étaient déjà réfugiées plusieurs personnes. Tandis qu’ils attendaient, la foudre tomba soudain et frappa de mort subite ledit sacristain et le jeune homme ainsi que leurs chevaux. Tous les autres assistants demeurèrent sains et saufs. Le sacristain et le jeune homme furent enterrés dans notre cloître, dans le tombeau de frère Mathieu Grigneu, du côté du réfectoire, devant le tableau du Jugement.

--Qu’ils reposent en paix. Ainsi soit-il .
--Que le Seigneur nous préserve de la foudre et de la tempête .

XLIII

 L’an du Seigneur 1491, les mois de Mars et d’Avril furent secs, arides et froids, et cinq jours d’Avril, du 16 à la veille de saint Georges, furent chauds. La veille de saint Georges, le vent du nord se mit à souffler et dura jusqu’au cinquième jour de Mai .Il fut si froid que la nuit  de l’Invention de la Sainte Croix et la nuit de ce jour, les noyers et les vignes furent entièrement gelés dans presque tout ce pays de Lyonnais, de Beaujolais et de Forez. Mai fut sec et à la fin très froid, et le 2 juin,qui fut la fête du Corps du Christ, le froid sévit âprement et il tomba une grêle très froide. Du jour de saint Claude jusqu’à la fin du mois, Juin fut sec. Le premier jour de Juillet il commença à pleuvoir et il plut assez abondamment. De la fête de Marie-Magdeleine jusqu’à la fête de saint Martin d’hiver, l’été fut sec et aride ; et l’hiver également, de ladite fête de saint Martin d’hiver jusqu’après la Circoncision du Seigneur, fut sec et doux ; si bien qu’aux environ de la Nativité du Seigneur le temps était doux, et de ce jour le mois de Janvier fut pluvieux. Le dernier jour de ce mois, il y eut une grande éclipse de nuit entre septième et la huitième heure ; il ne fit ni tonnerre ni éclairs, mais le temps était serein et très froid. La veille de saint Mathias, la neige tomba mais ne dura pas. Il y eut bissexte. Mars fut au commencement âpre et froid ; ce temps dura dix jours, et jusqu’à la fin il fut très tempéré et même chaud. Avril fut au commencement bon, mais le vent souffla .

 XLIV

 L’an du Seigneur 1491, le roi Charles VIII épousa la duchesse de Bretagne, au mois de Décembre [91].

 XLV

 L’an du Seigneur 1492, le jour de Pâques fut le 22 Avril. Mai fut froid et chaud ; Juin fut assez pluvieux ; Juin et Juillet furent chauds, de même Août et Septembre. Cette année fut féconde et fertile en toute sorte de biens. Les fêtes de Noël furent froides et Janvier aussi ; Février fut sec et chaud, de même Mars.

 XLVI

 L’an du Seigneur 1493, le jour de Pâques fut le 7 Avril. Les fêtes pascales furent douces et tempérées. Le mois de Mai fut sec et aride, et le lundi 13 mai, qui fut le jour des Rogations, il y eut étonnant et effrayant tonnerre, environ la première heure après midi, et de ce jour jusqu’à la fête de Saint-Jean-Baptiste, il y eut des pluies abondantes. Six jours avant la fête de Saint-Jean-Baptiste, jusqu’au jours de la Décollation du même saint, l’été fut étonnamment sec, lourd et brûlant ; jamais, de mémoire d’homme, on n’en vit pareil ; il n’y eut ni pluie, ni tonnerre ni éclairs.

Quantité d’animaux moururent à cause de la sécheresse, tous les ruisseaux et nos rivières furent desséchés ; ceux qui voulaient faire moudre leur blé le conduisaient à Lyon.

La maladie que nous appelons gleve sévit fortement, si bien que foule d’hommes, de femmes et d’enfants moururent de cette maladie, tant dans la ville de Lyon que dans le pays. Audit jour de la Décollation, il plut assez abondamment pendant une heure, de là, avec des alternatives journalières, la pluie continua jusque vers la fête de Saint-Denis, martyr. Les vendanges furent médiocres, tant à cause de la sécheresse de l’été qu’à cause de la grande violence du vent, qui se maintint pendant trois jours vers le commencement du mois de Septembre et détacha nombre de raisins des ceps de vigne. Au Mont-d’Or,au Bois-d’Oingt et autres vignobles de ces pays, les vendanges furent assez bonnes. Le Dimanche qui fut la veille de la Saint-Simon et Jude, la neige tomba abondamment et cela pendant presque deux jours .

De la fête de la Toussaint jusqu’à l’Avent, il y eut abondance de pluie, et l’Avent fut froid. Les fêtes de Noël furent douces et sèches jusqu’au jour de saint Sébastien, et ce jour la neige tomba jusqu’au jour de saint Vincent pendant tout le jour et la nuit. En terre plane, la neige avait environ trois pieds de haut ; sur les montagnes, elle atteignait une hauteur étonnante ; elle resta sur le sol jusqu’au 21 Février suivant. Pendant tout cet hiver, jusqu’au 5 du mois d’Avril, les rivières furent grosses et impétueuses.

XLVII

 L’an du Seigneur 1493, au mois de Mars, avant Pâques, le roi Charles VIII et la reine, son épouse, vinrent à Lyon[92].

Et ils restèrent jusqu’au mois de Juillet suivant. Il y avait dans cette ville de Lyon  presque tous les princes du royaume avec le roi ; on fit des tournois et des combats singuliers, tant au mois de Juillet qu’au mois de Mai .Et dans la ville de Lyon fut décidé le voyage fait à Naples par le roi. Au mois de Juillet, l’an 1494, le roi alla de Lyon à Vienne, et de cette ville prit la route de Naples ; la reine avec monseigneur le duc de Bourbon et madame la duchesse, son épouse et sœur dudit roi, qui étaient à Vienne avec lui, s’en retournèrent à Moulins, où ils sont encore avec la chancellerie royale, attendant l’heureux retour et l’arrivée du roi. Avec le roi, il y eut grande foule de princes, de grands, de nobles et de gens d’armes du royaume de France. Ils étaient environ, tant par terre que par mer, au nombre de cent mille hommes : (sur mer il y avait trois mille six cents hommes d’armes.) 6,200 archers, 8,000 arbalétriers, 8,000 Bretons à longues piques, 8,000 artilleurs, 1 060 grosses pierres, 1,200 canonniers, 6,200 bastardeurs, 200 maîtres d’artillerie, 600 maîtres charpentiers, 300 abatteurs de murailles, 1, 100 maîtres pour pierres de fonte, 200 maîtres pour faire le charbon, 120 maîtres pour faire les cordages, 8,000 chevaux pour les charrois d’artillerie, 4,600 charretiers.

Le capitaine de mer était le duc d’Orléans[93], le comte d’Angoulême[94], le duc de Nevers[95], le comte de Boulogne[96], le grand bâtard de Bourgogne, le maréchal de Bourgogne, le grand bâtard de Bourbon, e gouverneur de Champagne, le gouverneur de Bourgogne avec leur suite qui est de 15,000 combattants. Les gentilshommes de Gênes 4,000, les gentilshommes de Normandie  4,000, les gens de la garde de monseigneur d’Orléans et vivandiers 2,000. –Grands navires 24, grandes galéaces 800, caraques 1,100, galères coursières 2,026, galères à voile 50, galéaces à voile 289, brigantins 60, fustes 80, en cela non compris les barques qui sont sans nombre .

 XLVII bis [97]

 Le roi Charles VIII, l’an du Seigneur 1493, la première semaine de carême, qui fut vers la fin du mois de Février,entra à Lyon[98] et avec lui la reine de France[99], monseigneur le duc de Bourbon[100] et madame la duchesse sa femme[101], sœur dudit roi Charles. Le roi et la reine restèrent à Lyon environ cinq mois ; et là furent assemblés tous les princes du royaume, tous les capitaines, foule de barons, de chevaliers et d’autres gentilshommes du royaume de France, grand nombre de prélats, d’archevêques, d’évêques, d’abbés et tous les autres clercs et gens de lois. –Aux mois d’Avril et Mai, l’an 1494, on fit à Lyon, dans les prés de l’abbaye d’Ainay, divers tournois et jeux[102]. –Une peste mortelle, appelée épidémie, commença à sévir au mois de Juin dans ladite ville de Lyon, si bien que le roi, la reine et tous les autres princes en sortirent. Le roi, la reine, messeigneurs les ducs d’Orléans, de Bourbon et la duchesse de Bourbon allèrent à Vienne et de Vienne à Valence en Dauphiné. Au mois d’Août le roi partit de Valence pour aller à Naples.

La même année 1494, avant de quitter Lyon, le roi et tous les princes, grands seigneurs, capitaines, gentilshommes, prélats, ecclésiastiques et docteurs, prirent une décision au sujet du voyage que le souverain devait faire au royaume de Naples. En même temps arriva une ambassade de Milan, savoir : messire Ludovic, oncle du duc de Milan[103], qui fut de l’avis des autres princes français au sujet de cette expédition.

Le roi Charles alla à Naples et y séjourna pendant neuf mois. Il acquit le royaume de Naples et de Sicile, mais au retour et au mois ….[104]

 XLIX

 L’an 1494, le jour de Pâques fut le 6 Avril. Cette année, la veille de saint Georges, le vent du nord souffla âprement, et cette nuit, en plusieurs et diverses paroisses du pays, à Savigny, Bibost[105], Saint-Julien[106], Montrotier[107], Bessenay[108] et autres paroisses voisines, les vignes gelèrent entièrement,  et il n’y eut point de vin ; les blés furent satisfaisants .

Cette année, de la fête de la Toussaint jusqu’à la Nativité du Seigneur, le froid se fit vivement sentir ; il n’y eut point de neige cet hiver. Les mois de Janvier et Février furent doux et secs ; Février en somme fut chaud, les nuits furent froides. Mars fut chaud jusqu’au jour du Mercredi 11 dudit mois. Ce jour, un froid vent du nord commença à souffler et persista jusqu’au jour du jeudi suivant ; la nuit du Jeudi, le Vendredi et le Samedi après, la neige tomba tout le jour et la nuit avec abondance.

Le jour de saint Benoît en Carême, la nuit, le vent du nord souffla âprement, et cette nuit les noyers furent gelés dans tout le pays. Mars, dudit onzième jour de ce dit mois  jusqu’à la fin, fut froid, âpre et intempéré.

L

 L’an du Seigneur 1495, le jour de Pâques fut le 19 Avril ; le mois d’Avril fut assez pluvieux, Mai, Juin, Juillet, Août, Septem-bre furent secs et très arides. Il ne plut pas pendant ces mois, sauf quelques jours, au mois de Septembre. Il y eut cet été abondance de froment et de seigle, mais peu d’avoine. Il y eut du vin en grande quantité. Bien que cet été fut sec, il n’en fut pas moins chaud et brûlant. Dans certains pays, il y eut très peu de et presque point de fruits, pommes, prunes, amandes, noix et semblables ; en Dauphiné pourtant et en Bresse, il y eut abondance desdits fruits .



[1]On sait que le but de cette expédition était de soutenir les prétentions de la maison d’Anjou et d’affermir le protectorat français 

[2]  "Le seigneur de Saint-Chamond était alors Léonard de Saint-Priest, chevalier, mari de Anne de Lastic"

[3] Charles VII mourut à Mehun-sur-Yèvre, en 1461, le 22 juillet, c’est-à-dire le jour même de la fête de sainte Madeleine

[4] Mailliard l’appelle Louis VIII, par erreur.,                                                                                                                                                                                       

[5] Lancelot de Cordon appartenait à une ancienne famille chevaleresque du Bugey. Il était fils d’Aynard II de Cordon,chevalier, seigneur d’Evieu et de la Barre, et de Françoise Alemand.(V. Guichenon,Histoire de la Bresse et de Bugey, continuation de la 3ème partie p. 93.) 

[6] Guichard de Montchalvet, ainsi que l’apprend Mailliard dans la liste des moines de Savigny, était originaire de Champrenard, commune de Blacé en Beaujolais. Champrenard était une seigneurie avec château dont la justice comprenait le tiers de cette commune et la totalité de celle de Salles. Elle était possédée au dernier siècle par la famille Despiney.

[7] Selon l’art de vérifier les dates,Pie II mourut, à Ancône, la nuit du 15 au 16 Août 1464.

[8] Saint-Clément-deValsonne, canton de Tarare (Rhône)

[9] Moi, Silvius, je gis ici. Victoire, mon Ă©pouse, est avec moi. Mon fils, le pape Pie, a fait poser ce marbre sur ma tombe.

[10] Rauffet de Balsac, chevalier, qui devint conseiller et chambellan du roi Louis XI, puis sénéchal de Beaucaire, était gendre d’Antoine d’Albon, seigneur de Châtillon-d’Azergue et de Bagnols, dont il avait épousé la fille unique Jeanne.

Il était frère d’Antoine de Balsac, évêque de Valence et de Die ; de Pierre de Balsac, abbé de Vézelay ; de Louis de Balsac,commandeur de Mérolles, et de Robert de Balsac, chevalier, sénéchal d’Agénois. (V. Le Laboureur, I.c.p. 189. Hist.généal. du P. Anselme, 3ème éd. t. II,  p. 437.)

[11] Châtillon-d’Azergue, canton du Bois-d’Oingt (Rhône)

[12] Si l’archevêque de Lyon et quelques membres de son clergé se prononcèrent pour les princes, lors de la formation de la Ligue du bien public, les habitants de Lyon, eux, se déclarèrent formellement pour le roi. Le 10 mars, les consuls prirent une délibération en conséquence. Le 11, ils firent tendre les chaînes, ordonnèrent des réparations aux fortifications et demandèrent au bailli de leur confier la garde du château de Pierre-Scize. Le bailli leur répondit : « Qu’il l’ avait en garde et le garderait bien avec l’aide de Dieu au prouffit et utilité du roy et de ladite ville, et qu’il était estoit pour vivre et mourir avec ceux de ladite ville en gardant le droit du roy et de ladite ville. » Dans le procès-verbal d’une assemblée tenue le lendemain, le consulat consigna cette déclaration :  « Qu’ils ont ésté d’oppinion d’estre et demourer tousjours en bonne union pour vivre et mourir en vraye obeyssance et fidélité dudit seigneur. » (arch. De la ville de Lyon, Registres consulaires, BB. 10, f°44-48.)

[13] Charles de France, duc de Berri, quatrième fils de Charles VII, né en 1446, mort, dit-on, empoisonné.

[14] Jean d’Anjou, duc de Calabre, fils de René d’Anjou, roi de Naples et de Sicile, et d’Isabelle, fille aînée de Charles, duc de Lorraine.

[15] Charles-le-Téméraire, connu d’abord sous le nom de comte de Charolais, fils de Philippe-le-Bon et d’Isabelle de Portugal, né le 10 novembre 1433, succéda à son père, le 15 juin 1467.

[16] Jean II, duc de Bourbon, fils de Charles Ier et d’Agnès de Bourgogne, marié en premières noces à Jeanne de France, fille de CharlesVII et en secondes à Catherine, fille de Jacques d’Armagnac.

[17] Charles Ier, fils de Louis II, duc d’Anjou, n’était pas duc, comme le dit Mailliard, mais comte du Maine. Le comte du Maine ne fut point ouvertement du parti des princes ; à Montlhéry, il était dans l’armée royale mais prit honteusement la fuite. Il fut convaincu de trahison, rentra en grâce par l’intervention du roi René, et fut depuis fidèle à la cause royale.

[18] Charles II, comte du Maine, fils de Charles Ier et de Bonne de Lorraine. En 1480, il succéda au roi René, son oncle, et mourut, sans laisser d’enfant, le 10 décembre 1481. 

[19] Jean comte de Longueville et de Dunois, bâtard d’Orléans, qui s’illustra, en combattant les Anglais, sous le règne de CharlesVII. Il était fils naturel de Louis, duc d’Orléans, et de Mariette d’Enghien ; il naquit à Paris en 1402, fut élevé par Valentine de Milan et mourut en 1468.

[20] Ce Jean est qualifié, dans un acte du 27 août 1450, de fils aîné du comte de Dunois ; son parrain, Charles duc d’Orléans, lui fait par cet acte don de mille écus sur le prix d’acquisition de Château-Renault ; il mourut sans avoir été marié. (V. hist.généal. du P. Anselme, 3ème éd. t. I, p.214.)  Le P. Anselme ne donne point la date de la mort de ce Jean. Peut-être Mailliard veut-il parler de François son frère cadet.

[21] Jean V, comte d’Armagnac, et Charles Ier, son frère, qui fut son successeur, étaient fils de Jean IV, comte d’Armagnac, mort en 1450.

[22] Jacques, et non Jean d’Armagnac, duc de Nemours, fils de Bernard, comte de la Marche, reçut le duché de Nemours après avoir épousé, en 1462, Louise, fille du comte de Maine. On se rappelle sa fin tragique, enfermé dans une cage de fer, transféré à la Bastille et enfin décapité en 1477.

[23] Jean III, duc d’Alençon, fils et successeur du duc Jean II, dit le Sage, et de Marie de Bretagne, mort en prison, à Paris, en 1476.

[24] Gaston IV, comte de Foix, marié en 1434 à Eléonore, fille de Jean, roi d’Aragon et de Navarre, dont il eut GastonV

époux de Madeleine de France, sœur de Louis XI.

[25] Charles II, fils de Charles Ier, sire d’Albret, mort en 1471.

[26] Jean II, duc de Calabre, fils aîné de René d’Anjou et Isabelle de Lorraine. Il ne fait qu’un avec le prince que Mailliard désigne ci-dessus (note 2, page 8) sous le nom de Jean, duc de Calabre.

[27] Louis de Luxembourg, comte de Saint-Pol, né en 1418. Il obtint le titre de connétable au traité de Conflans, puis épousa Louise de Savoie, sœur de la reine de France. Convaincu de trahison lors des conférences de Picquigny, il fut condamné à mort par le parlement et décapité, à Paris, en 1475.

[28] Charles, duc d’Aquitaine, mourut le 12 mai 1472 ; Jean, duc de Calabre, en 1470 ou 1471 ; Charles Ier, comte du Maine, en 1472, et son fils, Charles II, le 10 décembre 1481 ; Jean V, comte d’Armagnac, en 1473.

[29] Suivant l’art de vérifier les dates, la bataille de Montlhéry eut lieu le 16 juillet.

[30] Louis Ier de Bourbon, comte de Montpensier, dauphin d’Auvergne, dit le Bon. Il devint dauphin d’Auvergne par son mariage, en 1428, avec Jeanne, fille unique du dauphin Béraud III et de Jeanne de la Tour- d’Auvergne. Il mourut en 1486.

[31] Probablement Alain, sire d’Albret, qui devint comte de Périgord par son mariage, en 1470, avec Françoise, fille aînée de Guillaume de Blois, dit de Bretagne, comte de Périgord. (V. Art de vérifier les dates, éd. in-f° de 1784, p. 385.)

[32] Jean, bâtard d’Armagnac, comte de Comminges, en vertu de la donation de ce comté que lui fit le roi Louis XI, le 3 avril 1461. Il mourut en 1472.

[33] Saint-Gengoux-le-Royal, chef-lieu de canton de l’arrondissement de Mâcon (Saône-et-Loire). C’était le chef-lieu d’une ancienne châtellenie royale.

[34] Bussy, chef-lieu de canton de l’arrondissement de Châlon-sur-Saône, au nord de Saint-Gengoux. Mailliard s’est trompé en plaçant cette localité en Charolais.

[35] Claude de Montagu, chevalier, seigneur de Couches, d’Espoisse et de la Ferté-Chauderon, fut fait chevalier de la Toison-d’Or, par Charles, duc de Bourgogne, en 1468. Il était marié à Louise de la Tour-d’Auvergne. Couches, aujourd’hui chef-lieu de canton de l’arrondissement d’Autun (Saône-et-Loire), était jadis le siège d’un bailliage et d’une châtellenie relevant de la Bourgogne.

[36] Le P. Anselme fait mourir le seigneur de Couches, en 1470, à la bataille de Bussy. Mailliard s’est probablement trompé sur la date. ( Hist. Généal. t. 1, p.562.)

[37] Celui que Mailliard appelle le seigneur de Cursol est fort probablement Louis, seigneur de Crussol et de Beaudiner, grand panetier de France, sénéchal de Poitou, gouverneur de Marans et ensuite de Dauphiné, qui entra dans Beauvais, lors du siège, pour soutenir la ville et mourut en 1473. Commynes ne fait qu’un allusion à la bataille de Saint-Gengoux : or l’armée que le roi avoit envoyée en Bourgongne avoit desconfit toute la puissance de Bourgongne qui estoit faillye aux champs, et prins plusieurs prisonniers. Le nombre des mors n’estoit pas grant, mais la déconfiture y estoit, et si avoient déjà assiégé des places, qui esbahyssoient ung petit ledit duc : toutes foys il faisoit sonner en son ost tout le contraire et que les siens avoient eu du meilleur.(L.III, ch. III, p.169, éd. Chantelauze.)

[38] Lisez : 1472.

[39] On sait qu’il s’agit de Jeanne Hachette dont le véritable nom serait, suivant les uns, Jeanne Lainé,et, suivant les autres Jeanne Fouquet ou Fourquet.

[40] Isidore de Séville, célèbre prélat espagnol, le plus instruit de son temps, né vers 570 à Carthagène, mort à Séville, le 4 Avril 636.

[41] C’est au mois d’Août 1477, et non en 1472, que Jacques d’Armagnac, que Mailliard appelle à tort Jean, fut décapité à Paris.

[42] Jean, comte et non duc d’Armagnac, mais duc de Nemours, fut tué non pendant le siège de Lectoure ,mais après la reddition du château, et cela en violation de la capitulation, le 6 mars 1473. Robert, frère de notre Rauffet de Balsac (V. Le Laboureur, l. c.p. 89), cria à ses troupes en entrant dans la ville :Tue, tue tout, hormis les femmes .Un soldat de la compagnie du sieur de Montfalcon, sur les ordres de son chef, donna au duc de Nemours deux coups de poignard dans le sein pendant qu’un autre lui déchargeait un coup de hache d’armes sur la tête.

[43] René II, fils de Ferri I, comte de Vaudémont, et Yolande d’Anjou, qui avait succédé au duc Nicolas, en 1473.

[44] Charles-le-Téméraire ne laissa qu’une fille, Marie, femme de Maximilien, archiduc d’Autriche.

[45] Maximilien Ier fils de l’empereur Frédéric III et d’Eléonore de Portugal, avait épousé Marie de Bourgogne le 20 Août 1477 ; il ne fut élu roi des Romains que le 16 Février 1486. 

[46] Jacques de Savoie, comte de Romont et baron de Vaud, fils de Louis, duc de Savoie, et d’Anne de Lusignan, mort au château de Ham, le 30 Janvier 1486 .(V. Guichenon, Hist.de Savoie, éd. de 1778, t .II, p. 101.) 

[47] Il s’agit de la bataille de Guinegatte, qui eut lieu au mois d’Août 1479 et non 1478.

[48] Louis XI mourut au Plessis-les Tours, le samedi 30 Août 1483, entre six et sept heures du soir, et fut enterré à Notre-Dame-de-Cléry

[49] Charles XIII était né au château d’Amboise le 30 Juin 1470.

[50] Cette éclipse est enregistrée dans l’Art de vérifier les dates, comme ayant eu lieu le 16 Mars 1485 (n. f .), à deux heures et demie .

[51] Bardanes, punaises. Ce mot de bardane, constamment encore employé à Lyon, par les ouvriers en soie, dans le sens qu’il avait au moyen-âge, n’est plus français aujourd’hui .

[52] Charles de Bourbon, fils de Charles, duc de Bourbon fut élu archevêque de Lyon, en 1466, à peine âgé de 11 ans. Le diocèse fut administré en son nom, jusqu’à sa majorité, ou plutôt jusqu’à son sacre, en 1470, par son oncle Jean de Bourbon (V. La Mure, Hist. Des Ducs de Bourbon et des Comtes de Forez éd. Chantelauze, t. II, p. 186, et Gallia Christiana, t. IV, col. 177). L’entrée dont il est question eut lieu le 22 décembre 1485. Les registres consulaires de Lyon s’expriment ainsi à ce sujet : -Les conseillers de la ville allèrent au-devant de lui «  en la grange de Loys Teze, en Veyse, accompaignez des notables et autres habitants de ladite ville ; et sont iceulx conseillers allez faire la révérence à mondit seigneur le cardinal en la chambre où il estoit, lequel les a bénignement et en grant joye receuz ; puis ledit seigneur est monté à cheval et a cheminé accompaigné des gens de sa maison, de ses officiers en ladite ville, des officiers du roy, conseillers, notables et autres. En laquelle entrée, depuis la porte de Bourgneuf  jusques à ladite église de Saint-Jehan, ont été faites plusieurs ystoires et autres joyeusetez…. »-Le lendemain le Consulat alla lui offrir un présent consistant «  en six tasses de quatre marcs la pièce, de deux grands potz, un bassin et une aiguière d’argent, pesent en tout 56 marcs neuf onces XXIIII deniers d’argent. (Arch. de la Ville de Lyon, BB 18, f° 44).     

[53] Dareysé, commune du canton de Tarare (Rhôn

[54] Depuis Louis XII .

[55] Alain, dit le Grand, sire d’Albret, fils de Jean d’Albret et de Catherine de Rohan, qui avait succédé à son aïeul Charles II, en 1471.

[56] François d’Orléans ,comte de Dunois, fils de Jean, comte de Dunois .

[57] Jean de Châlons, prince d’Orange ; fils et successeur, en 1475, de Guillaume VII .

[58] Suivant le P. Daniel (H. de France, t. V, p. 22, de l’éd. de 1722) la bataille de Saint- Aubin du Cormier aurait eu lieu le dimanche 27 Juillet 1488, et suivant l’Art de vérifier les dates, éd. de 1783 t. I, p. 626, le 28 du même mois.

[59] Panissières , canton de Feurs (Loire).

[60] Amplepuis, canton de Thizy (RhĂ´ne).

[61] Le roi de Hongrie était Mathias, dit Corvin, deuxième fils de Jean Huniade. Il avait été proclamé roi le 24 janvier 1458 ; il mourut le 5 avril 1490.

[62] Etampes, sous-préfecture de Seine-et-Oise. Malesherbes est un chef-lieu de canton à 19 kil. N.E. de Pithiviers (Loiret).

[63] On lit sous la date du 30 mars 1488(v. s.), dans les registres des délibérations consulaires de la ville de Lyon «  Le lundi pénultime jour de Mars, l’an mil quatre cens quatre vingt et huit, monseigneur le duc de Savoie nommé Charles entra en ladite ville, environ quatre heures après midy, acompaigné de toute la noblesse de Savoie, richement et pompeusement habillez. Et allèrent au devant de lui les davant nommez abbé de Saint-Denis et marquis (de Rothelin, mareschal de Bourgoigne ), jusques à Miribel, où ledit seigneur dyna ce jour, et les officiers royaulx, conseillers et autres notable de ladite ville jusques ung peu outre la Justice. Et furent les rues de ladite ville tendues depuis la porte de Saint-Marceau jusques à Porte-Froc, et faictes sept ou huit ystoires en diverses places desdites rues. Et fut mené ledit seigneur en la grant église de Saint-Jehan avec les processions des églises collégiales et quatre mendiens, depuis ladite porte Saint-Marcel jusques à ladite porte de Porte-Froc, et de là ceulx de la grant église le menèrent en ladite église, en laquelle ilz le receurent pour chanoyne, et entré en habit de chanoine, comme ses prédécesseurs avoient acoustumé ; puis de là s’en ala louger en l’ostel de ceulx de la bancque de Médicis, où lesdits conseillers, le lendemain  

luy allèrent faire la révérence, et après le firent servir …de poisson jusques à xx livres tournois ou environ, deux douzaines de boytes de confitures de diverses sortes, et quatre ponczons de vin, deux de blanc et deux de claret, le meilleur qu’ils purent finer ….dont ledit seigneur se contenta et eult bien sort agréable soy offrant à la ville de tout son pouvoir. » (Archives de la Ville de Lyon, BB.19, f°127, 128.)

C’est comme héritiers des anciens sires de Villars en Bresse que les ducs de Savoie étaient considérés comme chanoines d’honneur nés de l’église métropolitaine de Lyon. Les actes capitulaires de Saint-Jean (vol. 28, f°258et260 ) relatent en ces termes la réception  et l’entrée du duc Charles dans la cathédrale : Excellentissimus princeps dominus Karolus, dux Sabaudie, hesterna die ingressum suum fecit in hac civitate …Illustrissimus princeps cum maxima et copiosa comitata, tam comitum, baronum militum quam nobilium, ad presatam ecclesiam accessit, et ibidem, in limine magne janue dicte ecclesie, cum honore per presatos dominos, cum cruce et aqua benedicta, honorifice receptus, et per venerabilem et egregium vium dominum decanum habitum canonicalem, et in canonicum honoris dicte ecclesie habituatum receptus suit, qui juramentum per tactum manus ad pectus, more principis, fecit et prestitit, videlicet, quod jura, libertates et preheminencias ipsius ecclesie manutenebit, etc.   

[64] Charles de Bourbon, cardinal, archevêque de Lyon, ne mourut pas comme le dit le Gallia christiana, t. IV, col 179, le 17, mais bien le 13 septembre 1488, ainsi que le prouvent les actes capitulaires de Saint-Jean de Lyon, vol. 28 f°204 et les Registres consulaires de la ville, BB. 19 f° 107.  Les actes capitulaires, sous la date du 13 septembre, s’expriment ainsi : Qua die narratione in dicto capitulo facta per dominum P. Pitioti, procuratorem subslitutum dicti capituli , de morte reverendissimi domini cardinalis de Borbonio, archiepiscopiLugduni, hodie, de mane, circa horam octaram, in hujusmodi civitate Lugduni domoque Francisci de Genas, ultra Sagonam, dessuncti, ..Le même jour les consuls prirent une délibération relative au cérémonial de ses obsèques, en constatant qu’il était décédé « estant en l’ostel Françoys de Genas, marchant, citoyen dudit Lion ; »

[65] Hugues de Talaru, fut élu capitulairement, le 16 septembre 1488, c’est-à-dire trois jours à peine après le décès de Charles de Bourbon (Actes capit, vol. 28, f°203-207)

[66] André d’Epinac ou d’Espinay était fils de Richard d’Espinay, chambellan de François I, duc de Bretagne, et de Beatrix de Montauban. D’abord prieur, puis abbé de Sainte-Croix de Bordeaux, ensuite archevêque de Bordeaux, il fut élevé au cardinalat le 14 Mars 1489.

[67] Le pape Sixte IV était mort le 13 Août 1484 ; Mailliard a voulu sans doute dire Innocent VIII, son successeur. Ce pape, en effet adressa, le 18 Septembre1488, au chapitre métropolitain de Lyon un bref lui défendant, sous peine d’excommunication, d’élire un successeur à Charles de Bourbon et annulant toute élection,  si déjà elle était faite (Actes capitulaires, I. c. f° 229). Ce bref ne parvint au chapitre que le 25 du même mois, et le même jour, Antoine de Châlon, évêque d’Autun, prit possession de la régale de l’archevêché. Dès le 23, les chanoines avaient déjà répondu au roi, au duc et à la duchesse de Bourbon qui leur avaient mandé d’élire André d’Epinac, qu’ils ne pouvaient revenir sur leur vote émis en faveur de Hugues de Talaru.    

[68] Deux jours auparavant les consuls de Lyon avaient reçu du roi  l’ordre formel d’exécuter la sentence du pape Alexandre VI, qui déclarait que Hugues de Talaru n’avait aucun droit sur le siège archiépiscopal, et de mettre André

 d’Epinac en possession de l’Archevêché.

[69] Un récit de ce qui se passa dans la journée du 4 Mai 1493 se trouve consigné en quelque sorte officiellement dans les registres consulaires de Lyon ( BB 20 f° 77-90 ) : En conformité des ordres du roi, les conseillers de la ville entrèrent en pourparlers avec les chanoines, afin d’éviter les moyens violents, mais ils ne purent aboutir. Le 4, à huit heures du matin, les conseillers délégués par le consulat se présentèrent à l’hôtel archiépiscopal où résidait l’évêque régaliste ; les portes leur restèrent closes, «  et pour ce que aucune ouverture n’a esté faicte desdites portes d’icellui hostel, ainsi que prové est, ont esté fermées les portes de l’église devers ledit et les deux portes de la place devant icellui hostel, tellement que lesdits commissaires et tout le peuple qui les accompagnoit en bien grant nombre, ont esté par ce moyen encloz jusques à midy, sauf le plus, attendans toujours avoir ouverture desdites portes pour à tout le moins eux en aller ; mesmement pour ce que ledit seigneur d’Autun avoit mandé aller à luy par quelque lieu secret ledit seigneur de Thun, pour sur ce parler à luy, et ledit seigneur de Thun, commissaire, retourné sans ce que ledit seigneur d’Autun ait voulu faire aucune ouverture, iceulx sieurs commissaires pour ce retirez à part ont délibéré et arresté faire rompre les serrures desdites deux portes de ladite place estant devant ledit hostel ; ce qui a esté fait, et par l’une desdites portes sont sortis lesdits commissaires et avec eulx ledit peuple ; et en sortissant  ont rencontré devant le grand portal de ladite église ung nombre de gens armés, lesquels sont tirez vers ledit hostel archiépiscopal et ont tellement fait que la porte de l’entrée dudit hostel a esté ouverte et lesdits gens entrez dedans ; à laquelle entrée ont esté faites certaines résistences et à cette cause bature d’une part et d’autres, mais tantost après lesdits commissaires pour ce mandez aller audit hostel y sont allé et avec eulx le procureur de mondit seigneur le cardinal, et par ce moyen tout est cessé et mis ledit procureur en possession d’icellui hostel, et  ledit jour, environ heure de vespres, ledit seigneur d’Authun a vuydé ledit hostel » (f°84)

V. Actes capitulaires, vol. 29, f°128. Le commissaire délégué par le pape n’y est désigné que par la seule qualité d’episcopus Anathensis ; il se présenta dans le chapitre «  associatus nobili viro Claudio de Robadange, domino de Ton, domino Humberto de Villa Nova, locum tenenti domini senescalli Lugduni, et pluribus aliis in magno et copioso numero. » 

[70] Reyrieux, commune du canton de Trévoux  (Ain), n’était pas «  au pays de Beaujolais » proprement dit, mais en Dombes. Cependant Mailliard ne commet pas ici une erreur, mais son texte nécessite une explication : Les possessions des sires de Beaujeu sur la rive gauche de la Saône, étaient désignées ordinairement, au XIV ème siècle, sous le nom de « Beaujolais à la part de l’Empire ». Ce nom fut étendu, au XVème siècle, aux terres des sires de Villars, qui leur furent annexées, et parmi lesquelles se trouvait la châtellenie de Trévoux, dont Reyrieux faisait partie.  

[71] Commune du canton de Saint-Laurent-de-Chamousset (RhĂ´ne)

[72] Panissières, canton de Feurs (Loire)

[73] Saint-Clément-les-Places, canton de Saint-Laurent-de-Chamousset (Rhône)

[74] Villechenève, canton de Saint-Laurent-de-Chamousset.

[75] Chambost, canton de Saint-Laurent-de-Chamousset.

[76] Longesaigne, mĂŞme canton.

[77] Ancy, canton de Tarare (RhĂ´ne)

[78] Pontgibaud, chef-lieu de canton de l’arrondissement de Riom (Puy-de-Dôme ).

[79] Moissac, sous-préfecture du Tarn-et-Garonne. Son abbaye aurait été fondée par Clotaire II, suivant Mabillon.

[80] Billom, chef-lieu de canton de l’arrondissement de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme ) .

[81] Clermont-Ferrand, préfecture du Puy-de-Dôme ).

[82] Montferrand, ancienne ville unie, en 1731, Ă  celle de Clermont.

[83] Riom, sous-préfecture du Puy-de-Dôme.

[84] On sait que cette expédition fut faite pour amener la réunion de la Bretagne à la France, et fut motivée par les projets de mariage entre Anne de Bretagne et Maximilien d’Autriche.

[85]On l’appelait aussi Gauffroy  de Balsac. (V. Le Laboureur, o I. t II, p .189. )

[86] Ce nouveau passage de Charles VIII à Lyon est consigné en ces termes dans les registres consulaires ( BB. 19, f°202)

à la suite d’une délibération prise le 25 Octobre 1490 : «  Nota que le roy arriva la seconde fois en ladite ville, l’advant veille de Toussaint, avec dame Marguerite d’Autriche, que l’on disait estre reyne de France, et toute la court accoutumée. » On doit se rappeler, pour l’intelligence de cette citation, que Marguerite d’Autriche avait été promise à Charles VIII par son père  Maximilien, que sa dot avait été même stipulée, que Marguerite fut élevée à la cour de France, comme devant être la future souveraine, mais que Charles VIII rompit ses engagements et congédia Marguerite pour épouser, le 6 décembre 1491, Anne de Bretagne. ---Marguerite d’Autriche resta seule pendant quelque temps à proximité de Lyon, à l’Ile-Barbe, en attendant le roi, c’est ce qui résulte de la comptabilité du receveur Guillaume Dublet. On lit en effet ceci dans les pièces justificatives de ses dépenses, produites du 9 au 16 janvier 1491 : «  Payé…à deux charpentiers prins avec Girardin, le charpentier, pour adouber ung bateau pour aller quérir la Royne, et pour deux charges de paille pour mettre dedans ledit bateau, et pour pourter et rapporter la tapisserie, cloz, fil et egulies pour attacher ladite tapisserie audit bateau. –A Jean de Ville et ses compaignons, pour avoir mené et ramené, en ung bateau honestement habillé, messieurs les conseillers de cette ville à l’Ile et de l’Ile à cette ville, pour aller parler à la Royne, qui lors estoit audit lieu de l’Ile. (Archives de Lyon,CC. 508) –Marguerite d’Autriche n’avait que deux ans lorsqu’elle fut accordée à Charles VIII, en 1482. Elle épousa, depuis sa rupture avec Charles VIII, successivement, d’abord : don Juan de Castille, mort le 4 Octobre 1498, la laissant enceinte d’un fils dont elle accoucha avant terme, et ensuite, le 27 Septembre 1501, Philibert-le-Beau, duc de Savoie, décédé à Pont-d’Ain, le 10 Septembre 1594, et inhumé dans l’église de Brou édifiée par sa femme, qui mourut elle-même, à Malines, le 31 Décembre 1530. –Embarquée à Flessingue, pour aller en Espagne consommer son mariage avec don Juan, elle fut assaillie par une tempête sur les côtes d’Angleterre. Croyant mourir, dit-on, elle composa et écrivit sur une feuille de parchemin qu’elle s’attacha au bras avec ses principaux bijoux ce distique bien connu, qui devait à la fois faire reconnaître son corps et lui servir d’épitaphe :

            Cy-gist Margot, la gentil’ damoiselle,
            Qu’ha deux marys et encor est pucelle.  

[87] Aujourd’hui place du Change, sur la rive droite de la Saône.

[88] Ces deux hôtels étaient des principaux de la ville. Ils étaient situés dans l’ancienne rue des Albergeries, puis de la Peyrollerie et ensuite de Flandres, sur la rive droite de la rivière. Leur emplacement est occupé aujourd’hui par les maisons portant les numéros 7 et 8 du quai de Bondy  ( hôtel du Chapeau-Rouge ), et par l’immeuble occupant le côté méridional de la rue ouverte en 1861 et tendant du pont de la Feuillée à la gare de Saint-Paul (Porcelet). ( Note communiquée par M. Vermorel .)

[89] La Rigaudière était située sur le bord de la Saône, entre la rue du Peyrat, la place et le port Saint-Michel. –L’ancien arsenal incendié pendant le siège de Lyon était établi sur ce tènement. ( Note communiquée par M. Vermorel.)

[90] Marcy-le-loup, canton de Vaugneray (RhĂ´ne ).

[91] Le 6 décembre 1491.

[92] Le 30 Décembre 1493, le Consulat fut averti par le sénéchal que le roi se proposait de venir à Lyon avec la reine Anne de Bretagne (BB. 21, f°22.)  --Le 3 Janvier suivant, c’est-à-dire de l’année 1494, d’après notre manière de compter, les consuls mandèrent Jean de Paris, plus connu de nos jours sous le nom de Jean Perréal, comme l’un des architectes de l’église de Brou, et lui donnèrent « charge d’inventer quelques belles histoires et mistères. (Ibid. f°23.)

On confia « à ung nommé Chevalleta ….la facture de la poeterie et versifficature desdits mistères, » et on fit venir trois trompettes  de Montbrison (f°45). –Le 15, les notables furent convoqués pour aviser avec le Conseil sur le cérémonial de l’entrée. Le 21, les fonds nécessaires furent votés (f°29). –Le 30 et le 31, les enfants de la ville furent invités, « à se mettre très bien empoint de figurer dans le cortège, car ce faisant ilz feroient honneur à la ville et par conséquent à eulx-mêmes et très grand plaisir au roi et à la royne » (f°34 ). –Le 15 Février, les conseillers, »pour ensuyrre la coustume observée au  Consulat de ladite ville et afin que les choses nécessaires pour l’entrée de la royne ne soient retardées, ont esleu et nommez les douze conseillers qui feront devront estre vestus d’une sorte de drap, ainsi que fait a esté ès autres entrées, c’est assavoir d’escarlate de Florence sur la morée » (f°38). –Le 19, il fut arrêté que le don à offrir à la reine consisterait « en ung beau lion d’or bien fait et bien tiré, assiz sur ses fesses, et de ses deux plotes devant tenant une belle coppe d’or à la façon ancienne, telle qu’on l’a painct ès Trois-Rois, et cent belles pièces d’or faictes en façon de médailles, esquelles feussent bien emprunctz et pourtraictz au vif le roi d’un costé et la royne de l’autre, avec escripture et motz telz qu’il seront advisé, dedans ladite coppe ; et une belle terguète çainte sur son costé d’une belle ceinture d’or ès armes de la royne. » Jehan, fils de Louis Lepère, orfèvre, fut chargé de l’exécution (f°40) .

--Le roi fit son entrée le 6 Mars et alla se loger chez Robert de Bruyère, marchand gênois (f°41 et BB. 22).Le lendemain, les conseillers allèrent lui faire la révérence et lui présentèrent les clefs de la ville que le roi prit et leur « rendit en garde »(f°42). –La reine ne vint à Lyon que le 15 ; on lit en effet dans les registres consulaires «  Le Samedi

XV dudit mois de Mars, l’an dessus dit, la royne Anne fit son entrée en ladite ville. –Le Lundi XVII dudit moys de Mars Me IIIIxx XIII, messire François Buclet, messire Jehan Caille, Jehan Buatier, Guillaume Baronnat, Claude Guerrier, Loys  Teze, Jehan Audebert,François de Genas, Jehan du Peyrat, Anthoine Berjon, Barthélemy Bellièvre, Amé Bullioud et le trésorier Jacques de Bailleux sont allez présenter le don à la royne et luy faire la révérence et bienvenue, et a pourté le langaige ledit messire Buclet, laquelle,  selon sa response, se contenta dudit don et de la ville »  (f°49). 

[93] Depuis Louis XII .

[94] Charles d’Orléans, né en 1459, mort le 1er janvier 1496 .

[95] Engilbert de Clèves, troisième fils de Jean, duc de Clèves, et petit-fils de Jean 1er, comte de Nevers. Il était comte et non pas duc de Nevers. ( V. Art de vérifier les dates, éd. de 1784, t .2, p. 576.)

[96] Bertrand II, comte d’Auvergne et de Boulogne, mort le 27 Septembre 1494, laissant ses états à Jean III, son fils, né en 1467. 

[97] Ce numéro, qui se trouve dans un autre opuscule de Mailliard, ne figure pas sans intérêt à la suite du précédent. Il présente en effet des variantes qui méritent d’être recueillies.

[98] Il ressort de la note précédente que l’entrée du roi eut lieu le 6 Mars 1494.

[99] Anne de Bretagne que Charles VIII avait épousée, à Langeais en Touraine, le 6 Décembre 1491.

[100] Pierre II, duc de Bourbon, sire de Beaujeu et souverain de Dombes, mort en 1503. 

[101] Anne de France, fille de Louis XI .

[102] V.  Péricaud, Notes et documents pour servir à l’histoire de Lyon, 1483-1546, p. 7 .

[103] Le duc de Milan était alors Jean-Galéas-Marie Sforce, fils de Galéas-Marie et de Bonne de Savoie, né en 1468, mort empoisonné, le 22 Octobre 1494, par son oncle  Ludovic-Marie Sforce, dit le More, celui même dont il est ici question. (V. Paul Jove)

[104] Le reste de la phrase manque .

[105] Bibost, canton de l’Arbresle (Rhône)

[106] Saint-Julien-sur-Bibost, mĂŞme canton.

[107]Montrotier, canton de Saint-Laurent-de-Chamousset .(Rhône)                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                     

[108] Bessenay, canton de l’Arbresle .