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La renaissance d’un four à chaux

La passion, le bénévolat, le savoir-faire, ce sont les ingrédients qui font renaître ces témoins du passés, témoins du travail des hommes, des méthodes, et d’une forme de génie.

2014-01-05Ces témoins qui renaissent sont aussi, souvent, des leçons que nous donne le passé : avons-nous eu raison d’abandonner certains savoir-faire ?

Courage et savoir-faire

Un chemin en pente permettait d'amener le calcaire au sommetdu four

Des raisons plus que suffisantes pour saluer les équipes qui ont restauré le four à chaux de la Chicotière, à Dommartin sous la houlette de Michel Ecochard, adjoint au maire de Dommartin ; pour saluer aussi la municipalité de cette commune qui a su accompagner tous les efforts faits ou à venir, y compris par une aide financière de 30000 €.

Le début de la restauration remonte à 2004 et c’est fin 2007, qu’elle pourra être considérée comme terminée. Mais que de travail pour en arriver là ! Plusieurs années de travail, c’est ce qu’il a fallu aux bénévoles (5000 heures) aux brigades vertes, aux étudiants de toutes nationalités qui ont participé au chantier pour venir à bout des parties écroulées, des friches, des arbres, dont un avait même poussé dans le four ; reconstruire, consolider les parties détruites, restaurer les quais de déchargement… mais le résultat est là.  

Une particularité : ce four est situé sur une propriété privée. Un contrat a donc été signé entre le propriétaire et la mairie de Dommartin et sera valable jusqu’en 2020. 

A quoi servait la chaux ? 

Chaux vive ou éteinte, ce matériau avait de multiples utilisations : construction, liant hydraulique, désinfectant  (pour désinfecter les étables, les troncs d’arbres), conservateur (les œufs),

Elle servait également à amender les terres acides ; en plus d'être un amendement calcique et magnésien, le chaulage permettait également la destruction des micro-organismes pathogènes contenus par les effluents d'élevage qui sont acides par nature.                       

 Dans l’industrie, elle est aussi utilisée, par exemple pour neutraliser les eaux usées des mines, Elle pouvait être utilisée à sec ou humide. La chaux était conservée le plus souvent dans des bidons en bois

Le ciment, le béton, les désinfectants de synthèse, ont mis la chaux, sans doute un peu vite, au placard. Elle est cependant encore utilisée pour la restauration de bâtiments anciens, en particulier.

Le foyer du four est en forme d’amphore et la température pouvait atteindre jusqu’à 1000 ou 1100°. Il fallait 3 jours pour brûler les pierres. Elles étaient évacuées par le coté et pesaient moins lourd à la sortie.  

Une fabrication pragmatique 

Le calcaire était déversé dans le four par le gueulard situé au dessus

Il y avait plusieurs méthodes pour faire brûler la chaux ; ces opérations pour être menées à bien devaient être dirigées par l’homme de l’art : le chaufournier. Quand le four fonctionnait à feu continu, le chaufournier alternait : fagot, charbons, pierres et ainsi de suite,  au fur et à mesure de la combustion on rechargeait par le dessus. Le calcaire était amené par une pente qu’empruntaient les charrois et qui franchissait l’entrée du site sur une voûte. 

Il fallait brûler des pierres riches en calcaire : de nombreuses carrières dans la région présentent ces caractéristiques ; à La Chicotière il s’agit de pierres à gryphées, ces mollusques qui fournissent justement le calcaire, enfouis qu’ils sont depuis l’époque où notre région était sous les eaux. 

Il fallait aussi de l’eau (puits ou citerne, pour que la chaux vive devienne de la chaux éteinte, multipliant ainsi les usages de ce matériau. Il fallait de même, autant que possible, que les utilisateurs ne soient pas trop loin.

Le four de Dommartin réunissait plusieurs de ces conditions : une carrière, des constructions importantes à faire et pas n’importe lesquelles : les viaducs du chemin de fer naissant. Le four a en effet été construit en 1850. Il mesure 4,50m de haut pour un volume de 14m3. Quant au combustible, le charbon, il fallait aller le chercher un peu plus loin.

Le foyer, à l'avant du four

Particularité singulière, il a été construit dos à la route pour ne pas effrayer les chevaux qui passaient sur celle-ci.

Mais les fours étaient aussi accusés de pollution et la fumée lourde et piquante provoquait de la pollution lorsque les fours se situaient à proximité des habitations

Un arrêté préfectoral imposa une cheminée métallique de 6 m de haut pour que la fumée se dissipe plus haut.

La chaux, résultat de la cuisson, était évacuée par le côté

Et maintenant ? 

Les « papas » de cette oeuvre ressuscitée ne veulent pas en rester là. Ils souhaitent en faire un lieu de rencontres, un site d’activités ou de  pique-nique, de tir à l’arc, ou un lieu d’expression musicale ou de théâtre… L’étendue du site autour du four permettra bien des choses.

Bien sûr, ils souhaitent le faire visiter. Les bénévoles seront toujours là pour expliquer son histoire et son fonctionnement. ; Ils souhaitent que ce lieu revive … les idées ne manquent pas et la volonté de continuer est intacte. 

Les fours à chaux avaient souvent une vie éphémère; construits souvent on fonction d’un chantier prévu, ils étaient ensuite détruits, ou démontés pour être reconstruits ailleurs. Ils étaient difficilement supportés en ville.

A l’Arbresle même il y eu plusieurs fours, assez mal supportés par les habitants. Une pétition fut même adressée au sénateur contre le sieur Pitiot, au cours de la seconde moitié du 19ème siècle, disant «que la fumée noire et épaisse pénétrait dans les habitations». Mais des médecins affirmaient que cette fumée était antiseptique… Bref, tout n’était pas rose… 

Bernard Isnard 

- Pour visiter le site, s’adresser à l’Office de Tourisme ou à la mairie de Dommartin.

- Pour en savoir plus : «Fours à chaux du Rhône », Pré inventaire des Monuments et richesses artistiques, Département du Rhône, 2003. Disponible à l’Office de Tourisme de l’Arbresle, place Sapéon – 04 74 01 48 87.