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Les abbés de Savigny

Ils étaient les supérieurs du monastère, mais ils étaient aussi les « Seigneurs religieux » d’immenses territoires et possédaient les pouvoirs pour les gérer : droit de justice, droit d’imposition, et devoir de protection.

Au Moyen-âge, les Bénédictins constituaient l’ordre religieux le plus important – et souvent le seul – en Europe de l’Ouest.  Ils étaient élus par les moines de l’abbaye et recevaient ensuite la bénédiction, toute symbolique, de l’archevêque de Lyon. Ils étaient presque toujours de famille noble. L'abbé possédait une autorité patriarcale absolue sur la communauté mais restait lui-même soumis à la règle et devait consulter les autres membres de la communauté sur les questions importantes.

Afin de connaître le nom des abbés qui ont dirigé le monastère bénédictin de Savigny, nous nous sommes inspirés de l’étude faite par Auguste Bernard au milieu du XIXe siècle à partir du cartulaire principalement. Comme l’historien forézien, nous distinguerons trois parties dans cette liste.

Lorsque, au XIIe siècle, Ponce, abbé de Savigny, fit réunir et recopier, par ordre chronologique, les chartes de l'abbaye, il inscrivit aussi les noms des abbés qui avaient rempli la période écoulée entre Charlemagne et l'invasion des Huns. L'abbé Ponce, citant parfois de mémoire, a pu se tromper sur quelques noms et quelques dates. Quoi qu'il en soit, Ponce mentionne en premier lieu Adalbert qui, d'après lui, vécut sous Charlemagne et commença son supériorat en 768. Dans ce cas, ce serait Adalbert I. Adalbert II apparaîtra bientôt.

La liste du Cartulaire commence seulement à Justus, qui paraît en 825.  N'oublions pas que Ponce ne fut qu'un assembleur de chartes. Son travail a consisté surtout à signaler les anciens acquêts du monastère et le temps approximatif où ils furent enregistrés.

 La première partie

1     Justus, était l’abbé qui figurait sur la charte la plus ancienne, en 825.

2     Asterius, dirigeait le monastère quand Lothaire céda ses droits sur  l’abbaye à l’Église de Lyon. 

3     Christophorus signa une charte en 856

4     David en 857.

5     Un autre Christophorus en 858

6     Un autre David en 858 également.

7      Anasteus signa une charte en 883.

8      Un troisième David en 888.

9      Segefridus  en 889

10    Adalbert signa deux chartes, en 889 et en 895

11    Ansterius  en signa une en 908

12     Un autre Segefridus signa en 908 également.

13     David en 913.

14     Stephanus en 915

15     Arnulfus signa deux chartes, l’une en 918 et l’autre en 927.

16     Ingelardus signa en 928.

17     Benedictus signa une charte en  928 et une autre  en 930. Il aurait été tué lors de la dévastation de l’abbaye vers 934, par les Huns.

18    Badinus qui signa une charte  en 937, remit en état le monastère déserté par les moines, grâce à l’aide de l’archevêque Guy Ier  qui lui accorda des privilèges très avantageux. Il mourut vers 953.

19   Gausmar 954-984, obtint en 976, la confirmation de toutes les possessions de l’abbaye par le roi de Bourgogne Conrad. Il partit en pèlerinage en  Terre Sainte et rapporta des reliques qu’il donna à son monastère ; les propriétés de celui-ci s’étendirent même en dehors du « pagus »  de Lyon.

 La seconde partie

La seconde partie, plus fiable, est basée sur les chartes retrouvées par l’abbé Ponce après la reconstruction de l’abbaye, jusqu’à son propre abbatiat.

 20   Hugues, élu en 984 (sur le conseil de Gausmar), mort en 1007. Il fit construire le château de Montrotier pour défendre l’abbaye contre les violences exercées par le comte de Forez Artaud II, en guerre contre l’Église de Lyon.

L’abbaye allait augmenter ses domaines avec les dons faits par le comte en compensation des dégâts causés au monastère, et avec les nombreuses concessions de terres données par l’archevêque de Lyon Burchard II.

21   Durand Ier 1007-vers 1018. On ignore la date de sa mort mais on sait qu’après lui, les moines n’ayant pas pu se mettre d’accord pour lui trouver un successeur, l’archevêque Burchard II demanda à Odilon, abbé de Cluny, de proposer un de ses moines pour diriger Savigny.

22   Itier 1018-1044. Est-ce à son appartenance clunisienne que l’on doit les nombreuses concessions de propriétés qui vinrent enrichir l’abbaye pendant son abbatiat dans les diocèses de Lyon,  de Mâcon, Genève, Lausanne, Saintes et Die.

À cette  époque la crainte de la fin du monde, encourageait les fidèles à faire des dons aux monastères qui s’enrichirent considérablement ; Savigny est un exemple flagrant de ce fait.

23   Lento, 1044-vers 1046, était originaire de la région de Genève. Ses parents avaient donné deux églises à l’abbaye avant son élection ; mais il fut déposé au bout de peu  de temps.

24    Durand II élu en 1046, fut également déposé.

25    Dalmace prit la direction de l’abbaye vers 1060. Son abbatiat fut un des plus fructueux pour Savigny. Il continua le système de défense commencé par les abbés en faisant construire le château de L’Arbresle et  une enceinte qui protégeait le village. Il établit un droit (consacré à la nourriture des moines) sur la vente des bestiaux au marché de Sain Bel. Il écrivit deux bréviaires, un missel ainsi qu’un livre de médecine. Dalmace assista au concile d’Anse en 1070 ;  il mourut en 1082.

26      Vuido  1082-1085

27      Bérard 1085

On sait que, à  nouveau, les moines eurent des difficultés à choisir un abbé, par une lettre de l’archevêque de Lyon Gébuin à l’archevêque de Tours ; et d’autre part  ce furent deux moines qui reçurent les églises de Joux et de Violet que l'archevêque donna à l’abbaye. Ces deux moines étaient Itier et Girbaud que l’on retrouve par la suite à la tête du monastère. 

 28     Itier de Talaru, vers 1085-vers 1107, était le fils d’Hugues le Vieux, seigneur de Talaru. Pendant son abbatiat, la prospérité de l’abbaye continua à croître. Ce fut  aussi l’époque d’un conflit avec Etienne de Varennes, contestant violemment la décision de son beau-père Itier de Bully, qui avait donné une partie de ses biens à l’abbaye. 

29     Girbaud,  1107-1111, dut se démettre de sa fonction longtemps avant sa mort.

30     Ponce, vers 1111-1138,  eut à poursuivre le conflit avec Etienne de Varennes. Il acheta la maison forte de Vindry à son frère Aymon de Lay. Grâce à lui les chartes qui composaient le Cartulaire avant son abbatiat furent regroupées.

 La troisième partie

La dernière partie nous conduira jusqu’à la sécularisation de l’abbaye.

 31     Odilon 1138- vers 1158

32     Milon  1161-1192.  Il rétablit les droits sur la vente des bestiaux du marché de Sain Bel.

33     Guichard qui lui succéda eut à se défendre contre la convoitise de Guy II de Forez.

34     Bernard lui succéda et mourut en 1196. Il fit construire le château de Montbloy à Sain-Bel.

35     Richard, 1196-1203 eut des démêlés avec l’archevêque Renaud de Forez au sujet des droits régaliens. Il autorisa Guichard de Beaujeu à construire un château sur la montagne de Popès pour protéger l’abbaye. Le  prélat ravagea le monastère et plusieurs châteaux dépendant de  celui-ci. Le pape Innocent III réussit à rétablir la paix entre les deux adversaires en 1200, grâce à l’intervention de l’archevêque de Vienne, de l’évêque de Genève et de l’abbé de la Chassagne.

36     Guillaume ou Willelmus 1203-1233.

37     Zacharie nommé abbé en 1235 fut accusé de malversations et dut paraître devant le pape qui lui retira son titre.  Benoît Maillard parle de ce personnage dans sa chronique.

38     Athanulphus de Fonteney fut choisi entre 1249 et 1250. Ce fut pendant son abbatiat que Innocent IV, en 1254, fit parvenir au monastère une bulle par laquelle des indulgences seraient accordées à ceux qui iraient prier sur les reliques de saint Galmier , conservées à  Savigny. Il mourut vers 1256.

39      Robert de Malvoisin fut élu en 1257.

40      Jacques de Menton résigna son office neuf mois après son élection.

À nouveau on observe une période pendant laquelle l’abbaye est privée de chef.

41      Amédée de Roussillon, 1270-1274, était déjà moine de Saint-Claude quand il fut élu à Savigny. En 1274, il fournit un corps de troupes important à son frère Aymard, archevêque de Lyon, pour la garde de la ville de Lyon et de l’assemblée réunie à l’occasion du Concile œcuménique, mesure exceptionnelle qui se répéta  cependant plusieurs fois.  Il fut élu évêque de Valence.  Il fit construire le château de Chessy-les-Mines entre 1271 et 1272 ; c’était le dernier château de la ligne de défense de l’abbaye.

42      Etienne de Varennes  1274 -1317 de la famille de Rapetout. Il fournit également un corps de troupes à l’archevêque pour repousser les agressions du seigneur de Villars.

43      Hugues Aybraud, gouverna le monastère jusqu’en 1323.

À nouveau on note une période de vacance à la tête de l’abbaye.

44     Jean de Lutry, du diocèse de Lutry, fut nommé en 1324 et  dirigea la communauté jusqu’en 1351 ; il fit de nombreuses fondations pieuses dans l’abbaye. Il se peut que pendant les dernières années de sa vie il ait possédé le prieuré de Talloires, du diocèse de Lausanne, près de son pays natal.

45     Pierre Leobardus, 1357-1375,  fut choisi par le pape dont il était le pénitencier. Il était déjà prieur d’Alloue, qui dépendait de l’abbaye de Charroux. Le monastère fut saccagé par les Tard-Venus commandés par Seguin de Batefol, durant ce gouvernement.

46     Etienne de Saint-Just, 1378-vers 1405, fit reconstruire le dortoir, le chapitre et le parloir. Il dut soutenir un procès à l’occasion d’un  meurtre commis par un de ses moines.

47    Jean d’Apchier fut élu entre 1406 et 1410. Avant de mourir l’archevêque nomma un de ses neveux, mais les moines refusèrent et furent excommuniés. L’excommunication fut levée ; les moines firent un autre choix. .

48     Guillaume d’Albon, issu d’une puissante famille du Lyonnais, prieur de Montrottier fut élu. Il fit restaurer et agrandir le château de Sain-Bel qui devint la demeure abbatiale, et poursuivit la restauration de l’abbaye qui avait tant souffert du passage des « Tard Venus ». Il mourut en 1456. 

49     Son successeur fut son neveu Jean d’Albon, qui fut élu face à Antoine de Balzac, prieur d’Ambierle. Il mourut en 1492.

50     François d’Albon, 1493-1520 , neveu du précédent prit la direction de l’abbaye à sa suite. Il donna une nouvelle règle aux moines pour les faire revenir à une plus grande observance de la règle de Saint-Benoît. On lui doit une des verrières de l’abside de l’église Saint-Jean-Baptiste de L’Arbresle ; il fit également construire le clocher de la grande église du monastère.

51     Son petit-neveu Antoine continua le gouvernement de Savigny par la famille d’Albon. Il fut également abbé de l’Ile-Barbe, puis devint archevêque de Lyon ; En 1562, le sieur Peyraud, lieutenant du baron des Adrets vint saccager l’abbaye avec sa troupe, brisant les statues et brûlant les archives. En plus de ses titres religieux, Antoine  était lieutenant du roi auprès du gouverneur du Lyonnais, Beaujolais et Forez ; alors que celui-ci était son cousin, Jacques d’Albon de Saint-André. Antoine mourut en 1573.

52     Jean Durant curé de Saint-Romain de Popès fut abbé fiduciaire de 1574 à 1581.

53     Claude Roudi  de Saint-Marcel sous Urfé le remplaça en 1581 ;  il mourut en 1607.

54     François d’Albon, neveu d’Antoine, chanoine de Lyon, étant en âge de devenir abbé fut  nommé par Henri IV. Il mourut en 1645.

55     Claude d’Albon 1645-1691, chanoine de Lyon et neveu de François  fut le dernier abbé de l’illustre famille.

56     Jacques Bénigne Bossuet 1691-1704, neveu de l’évêque de Meaux, reçut l’abbaye à Noël 1691. Il résigna en 1704 préférant diriger l’abbaye de Saint Lucien de Beauvais qui était d’un meilleur rapport.

57      René-Louis de Froulay de Tessé lui succéda,  et dirigea le monastère jusqu’en 1711

58     Jean de Fuligny de Damas reçut l’abbaye pour Pâques 1711 ; il eut un différend avec son couvent pour avoir donné le doyenné de Coursieux (Courzieu) à un de ses neveux, Gabriel François de Fuligny, simple clerc tonsuré. On prétendait que ce doyenné étant un office claustral ne pouvait être possédé par un séculier. Il mourut en 1761

59     François de Clugny, évêque de Riez survécut à l’abbaye où il ne vint sûrement jamais.

 Les moines qui restaient dans le monastère, trop peu nombreux pour remplir tous les offices et souvent âgés, demandèrent la sécularisation. Louis XVI la leur accorda le 18 juillet 1779. Une bulle du pape  Pie VI,  du 22 juin 1780, la confirma.  Les biens de l’abbaye furent répartis entre les chapitres de chanoinesses de Leignieu, L’Argentière et Alix.

L’abbaye fut vendue en biens nationaux à la Révolution

Le dernier moine mourut en 1824, Ă  Savigny.

Monique Roussat

Bibliog .  Auguste Bernard - Cartulaire de Savigny - – Notice historique